Voici l’essentiel pour bien planter un arbre fruitier :
Avec ces quelques principes simples, la reprise est généralement excellente.
Avant même de parler d’exposition ou de distance de plantation, la première étape consiste à connaître le type de sol dans lequel vous allez planter : sol léger ou lourd, argileux, calcaire, drainant, profond ou superficiel.
Ce n’est pas absolument obligatoire pour réussir une plantation, mais dans de nombreux cas, cela fait une grande différence sur la vigueur, la longévité de l’arbre et la production.
Un bon diagnostic de sol permet de :
Les plantes possèdent une grande capacité d’adaptation, et beaucoup d’arbres s’accommodent de sols imparfaits. Mais un porte-greffe cohérent avec votre sol donnera presque toujours de meilleurs résultats.
La plupart des fruitiers apprécient une exposition ensoleillée, mais beaucoup se comportent très bien en mi-ombre, à condition d’éviter l’ombre dense (sauf espèces vraiment adaptées à ces conditions).
Le vent joue un rôle souvent sous-estimé. Il amplifie la sensation de froid et peut :
Pour les agrumes et les espèces sensibles, une bonne protection au vent peut faire la différence entre un arbre qui produit et un arbre qui végète. Observer les vents dominants, les haies, les murs et les zones abritées aide à choisir le bon emplacement.
Les espacements “classiques” sont :
Mais selon le type de jardin que vous souhaitez créer, ces distances peuvent évoluer :
Au nord, la lumière est plus faible et l’air reste plus frais. Ce n’est pas forcément un problème, mais il faut en tenir compte au moment du choix des espèces.
Certaines s’y comportent nettement mieux que d’autres, par exemple :
Ces conditions plus fraîches et moins lumineuses influencent la vigueur, la floraison et la production : choisir des espèces qui les supportent bien est un vrai plus pour la réussite.
Dans la plupart des cas, il n’est pas nécessaire de travailler longuement tout le terrain avant de planter. L’objectif est surtout de permettre aux racines d’entrer facilement dans la terre et de bien s’y connecter.
En pratique, il suffit généralement de :
Il n’est pas utile de retourner tout le terrain autour ni de travailler le sol sur de grandes surfaces. On cherche plutôt à ce que l’arbre s’adapte au sol dans lequel il va vivre, plutôt que de lui créer une “bulle idéale” trop différente du reste du jardin.
Un travail plus important du sol peut être utile dans certains cas :
Dans ces situations, il peut être intéressant de :
Pour autant, l’objectif reste que l’arbre s’enracine petit à petit dans le sol en place, et ne reste pas “bloqué” dans une poche de terre rapportée.
En attendant la plantation, il est important de garder les racines humides, à l’abri du vent et du soleil (sac, caisse, protection légère…).
En revanche, il n’est pas recommandé de laver les racines pour les “nettoyer” :
On conserve donc cette fine terre naturelle autour des racines, en veillant simplement à ce qu’elles restent fraîches et humides jusqu’à la plantation.
Avant de poser l’arbre dans le trou, prenez un moment pour observer l’équilibre entre les racines et la partie aérienne (tiges, branches). L’idée est que le système racinaire soit capable de nourrir ce qui se trouve au-dessus.
On évite autant que possible les situations où l’arbre devrait à la fois :
La taille de plantation, le cas échéant, sert justement à ajuster cet équilibre.
Une fois l’équilibre évalué, on place l’arbre dans le trou :
De cette façon, les racines peuvent repartir naturellement dans le sol dès les premières pluies.
Dans la grande majorité des cas, on replante l’arbre au niveau où se trouvait son collet en pépinière : on voit souvent une légère marque sur le tronc indiquant la limite sol/air d’origine.
C’est la façon la plus simple et la plus sûre de replanter un jeune fruitier.
Dans certains cas particuliers, lorsque l’on sait exactement ce que l’on souhaite faire, il est possible de choisir d’enterrer le point de greffe pour affranchir l’arbre. Ce sont des situations spécifiques, réservées aux jardiniers qui maîtrisent cette pratique. Pour une plantation classique, on reste sur un collet au niveau du sol et un point de greffe au-dessus.
En conditions difficiles (chaleur marquée, manque d’eau, sol très sec), on peut profiter de la plantation pour mettre en place un arrosage en profondeur :
Versée dans cette gaine, l’eau atteint directement le bas des racines : elle guide celles-ci vers le bas et réduit les pertes par évaporation en surface.
Ensuite, on rebouche avec la terre en place :
Il n’y a pas une seule bonne façon de faire. Certains vont légèrement appuyer avec le pied ou la main autour de l’arbre, d’autres comptent surtout sur un arrosage soigné pour que la terre se mette en place et colle naturellement aux racines. L’important est de chasser les grosses poches d’air, sans écraser le sol à l’excès.
En surface, on termine en formant une cuvette d’arrosage autour du tronc pour que l’eau reste bien au pied de l’arbre.
Juste après la plantation, un bon premier arrosage est essentiel : il permet à la terre de se plaquer naturellement autour des racines et de vraiment lancer la reprise de l’arbre.
Ce n’est pas seulement le premier arrosage qui compte, mais la régularité du suivi, surtout la première année. Même en hiver, si deux ou trois semaines passent sans pluie, il est utile de réhydrater l’arbre.
Plus on est attentif à l’arrosage :
Après la plantation, déposer du fumier bien décomposé en surface, autour de l’arbre (sans toucher le tronc), est une excellente façon de nourrir le sol.
En restant en surface, ce fumier :
Un paillage posé par-dessus le fumier aide à :
On peut utiliser par exemple du bois broyé, de la paille, des feuilles mortes, ou un mélange de ces matières. On prend simplement soin de ne pas coller le paillage directement contre le tronc.
Le recours à un tuteur dépend de plusieurs facteurs. Ce n’est pas une règle automatique, mais une question de jugement au cas par cas.
On peut envisager un tuteur si :
Si, au moment de la plantation, vous voyez que l’arbre bouge trop facilement quand vous le touchez, cela peut être un signe qu’un tuteur l’aiderait à se stabiliser le temps qu’il s’enracine.
Une fois que l’arbre est bien ancré, le tuteur n’est plus nécessaire et peut être retiré.
Avec ces quelques repères, la plantation d’un arbre fruitier se passe généralement très bien. L’important est de comprendre que, comme pour l’éducation d’un enfant, il n’existe pas une seule façon parfaite de faire : il y a mille manières de bien planter un arbre.
Ce qui compte surtout, c’est :
Avec un minimum d’attention au début, la plupart des arbres finissent par s’installer, pousser, et offrir ce qu’ils savent faire de mieux : de l’ombre, des fleurs, des fruits… et une présence vivante dans le jardin.
Bonne plantation, et belle réussite avec vos arbres fruitiers !
